POUVOIR DIRE OU AIAXAIA (60mn)
de Radovan Ivsic
Réalisation : Myron Meerson
Production : France Culture
Avec: Jean Bollery (le plongeur), Thomas Scimeca (Aiax), Marie-Christine Letort (Xaia), Gabriel Dufay (le metteur en scène), et Jacques Leplus, Grégoire Bonnet, Jean-Paul Audrain, Jean O'Cottrell, Stéphane Lindon, Jean-Claude Sachot, Marc Lamigeon, Thierry Pietra, Stéphanie Papanian, Valentine Bureau, Alexandre Styker, Rémi Goutalier, Fanny Touron (Les Œuvres complètes, Le Répondeur Téléphonique, Le Petit livre Bariolé, Le Messager, Compis) et la voix de Radovan Ivsic. Prise de son, mixage : Éric Boisset. Montage : Émilie Couet. Assistant : Emmanuel Geoffroy.
"L’horreur, c’est lorsque le poison invisible tue les mots et inverse leur , sens. Car les mots, les plus beaux mots, on ne les a pas vus soudain disparaître comme les feuilles à l’automne. Non, au contraire, l’un après l’autre, on les a sourdement massacrés, mais en leur laissant un semblant de vie, cadavres prêts à servir d’habits neufs à l’horreur. Tyrannie, tu m’étouffes encore plus quand tu te nommes bourgeon."
POUVOIR DIRE OU AIAXAIA est un grand poème baroque, un éloge des mots et du théâtre.
Ecouter la fin avec la voix de Radovan Ivsic.
Poète et auteur dramatique né en 1921 à Zagreb, Radovan Ivsic a réussi à être interdit aussi bien pendant l'occupation allemande que sous le régime titiste. En 1945 les chantres du réalisme socialiste, renforcés par les premiers surréalistes yougoslaves devenus staliniens et/ou titistes, lui ferment pour trente ans les portes du théâtre. Sa poésie connaît le même sort. Du coup, il devient essentiellement traducteur, non seulement des Confessions de Jean-Jacques Rousseau, du Dom Juan de Molière, mais aussi de Maeterlinck, Marivaux, Mérimée, Apollinaire, Giraudoux, Ionesco, Breton, Césaire... Entre 1941 et 1956, il a écrit, de nombreux textes de théâtre dont le plus connu est Le Roi Gordogane (1943), cité par André Breton comme une date notable dans les éphémérides surréalistes.
En 1954, il parvient à gagner Paris où il vit depuis lors et où il a participé à toutes les manifestations du mouvement surréaliste, sur l'invitation d'André Breton et de Benjamin Péret. À partir de là, il écrit presque exclusivement en français.